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Témoignage de JÉRÔME
Jérôme G :
De l’aéronautique au nucléaire : j’ai transposé mes compétences dans un secteur aligné avec les enjeux climats
Comment est venu ton déclic ?
Issu du secteur aéronautique, où j’ai travaillé dix ans en physique du vol et contrôle-commande puis deux ans comme pilote de ligne, j’ai toujours été guidé par l’anticipation du risque. Cette posture m’a naturellement conduit à m’intéresser à l’épuisement des énergies fossiles et au réchauffement climatique. Progressivement, j’ai pris conscience que la situation pouvait être comparée à celle d’ un pilote convaincu qu’il va réussir à atterrir alors que tous les indicateurs montrent l’inverse. Les ordres de grandeur sont formels : ça ne fonctionne pas. Il faut faire une remise de gaz. Mon déclic a été de comprendre que rester dans l’aéronautique n’était plus cohérent avec cette réalité.
Comment es-tu passé·e à l'action ?
Amoureux de l’aéronautique, j’ai débord considéré la piste de servir une industrie aéronautique qui sert les fonctions régaliennes (sécurité civile avec notamment les canadairs, l’armée, la gendarmerie, le Samu et ses hélicoptères), et non plus du transport public dont les perspectives de croissance sont incompatibles du changement climatique. Mais finalement, quand j’ai pris la mesure des défis énergétiques auxquels la France est confrontée, j’ai souhaité rejoindre le secteur clé sans lequel ces services services régaliens ne peuvent exister: le domaine de l’Energie bas carbone. J’ai d’abord travaillé deux ans dans une start-up développant le transport vélique, autour du contrôle-commande de cerfs-volants tractant des cargos. Cette expérience m’a permis de faire le lien entre innovation et transition, avant de souhaiter revenir à la terre ferme. C’est ainsi que j’ai rejoint le secteur de l’énergie nucléaire. Le fil conducteur de mon parcours, c’est le contrôle-commande, une compétence transverse qui permet de changer de secteur tout en mettant son expertise au service d’enjeux très différents, à condition d’accepter de s’approprier de nouveaux phénomènes physiques.
...et aujourd'hui, où en es-tu ?
Je travaille aujourd’hui dans le domaine de l’énergie nucléaire en tant qu’ingénieur de contrôle-commande de sûreté. Mon rôle consiste à maîtriser la réactivité dans la cuve d’un réacteur nucléaire et à garantir le refroidissement du cœur ainsi que l’évacuation de la puissance résiduelle. Je mets ainsi mes compétences techniques au service d’un secteur clé de la transition bas carbone.
Obstacles rencontrés et leçons tirées
Le principal obstacle a été d’accepter que changer de secteur impliquait de renoncer à un univers professionnel que j’aimais profondément. J’ai aussi dû démontrer ma capacité à m’approprier des phénomènes physiques spécifiques à un nouveau domaine. J’en ai tiré une leçon essentielle : de nombreuses compétences, comme le contrôle-commande, sont transverses et peuvent s’appliquer à plusieurs secteurs, à condition d’y associer une motivation sincère et un réel investissement.
Quels conseils aurais-tu pour celles et ceux qui souhaiteraient se lancer dans le même parcours ?
Il est possible de changer de secteur sans repartir de zéro. Je recommande d’explorer des outils comme** Shift Your Job **pour identifier, à compétences constantes, les options de transition possibles. Une fois un secteur ciblé, il ne faut pas se décourager et surtout assumer clairement une motivation climatique. Dans un contexte où la motivation au travail tend à diminuer, des candidats qui savent pourquoi ils postulent constituent un véritable atout pour les recruteurs.
