LE GUIDE

Témoignages

Annick L :
De l'IA à la sobriété numérique

Comment est venu ton déclic ?

De formation ingénieure généraliste, je travaille depuis près de 25 ans dans le domaine de l'informatique. Mon parcours m'a amené à me spécialiser sur les sujets Data puis IA. J'ai eu la chance de travailler dans des environnements innovants, sur des sujets passionnants avec des équipes sympas. Durant plus de 20 ans, j'ignorais tout des impacts environnementaux du numérique alors que par ailleurs, je m'intéresse à l'environnement, la faune et la flore via ma pratique de la plongée sous-marine avec une dimension "bio". C'est lors d'une formation sur l'IA en 2022 que j'ai pris connaissance de l'importance des ressources nécessaires pour entrainer les modèles. A partir de là, j'ai commencé à me questionner sur la pertinence des cas d'usages par rapport à leurs impacts. La goutte qui a fait débordé le vase est l'arrivée de ChatGPT et son immensité de ressources employée pour des usages que je considère discutables. A partir de là, je n'ai plus réussi à conserver mes compétences à l'état de l'art. Impossible pour moi d'utiliser cette technologie et de continuer à la promouvoir. J'ai compris que le temps était venu de changer.

Comment es-tu passé·e à l'action ?

Le hasard d'une recherche sur un site intranet de mon entreprise m'a fait tombé sur une fiche de poste de référent.e sobriété numérique. Quand je l'ai lue, je me suis dit "ce poste est pour moi". J'ai tout de suite postulé et ma mobilité a pu se faire rapidement. Même si je n'avais pas de compétences particulières sur le numérique responsable, mon parcours à travers les différentes couches des systèmes d'information et à travers le groupe auquel j'appartiens m'apporte une vision assez transverse autant technique qu'organisationnelle qui me sert au quotidien dans mon activité. Mes convictions et mon engagement sont aussi des atouts pour porter la transformation nécessaire.

...et aujourd'hui, où en es-tu ?

Cela fait bientôt 2 ans que je suis sur ce nouveau poste. Et je ne regrette rien.  Je continue d'apprendre et de contribuer à amener ma DSI vers un numérique plus responsable.

Quels obstacles as-tu rencontrés et quelles leçons en as-tu tirées ?

Au démarrage, j'ai surtout adoré me retrouver dans un environnement avec des personnes qui ont des convictions similaires. La phase de découverte a été passionnante. Mes premiers succès sur l'axe de la sensibilisation m'ont permis de faire ma place. Ensuite, passée l'euphorie des débuts, j'ai retrouvé des aspects qui restent communs avec mes anciens contextes, le quotidien des aléas à gérer d'un chef de projet informatique, même s'il est porté sur une autre dimension. La grande différence, c'est que l'énergie que l'on met à gérer les situations ou les cas complexes, est pour la bonne cause. Et ça change beaucoup !

Quels conseils aurais-tu pour celles et ceux qui souhaiteraient se lancer dans le même parcours ?

Au boulot comme dans le contexte général, les sujets RSE rencontrent des hauts et des bas. Les moyens ne sont pas toujours à la hauteur. On n'est pas toujours écouté ou priorisé. Les actualités peuvent être assez décourageantes. Mais j'essaie de les ignorer et de faire mon boulot du mieux que je peux. A mon échelle, j'agis, j'avance et j'essaie d'en amener d'autres à changer.

Je témoigne