LE GUIDE
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Témoignage de MAXENCE
Du conseil B2B à la promotion de l'agriculture biologique, locale et paysanne en Bretagne
Résumé
Maxence a exercé dans le conseil commercial B2B. Son engagement à la CEC, entre autres, a recentré sa réflexion et son alignement avec les enjeux écologiques et sociaux. Après une transition par le conseil aux greentechs, il s’est formé à la distribution alimentaire bio et coopérative. Depuis, il co-anime un magasin bio coopératif, tout en poursuivant ponctuellement l'accompagnement de greentechs.
Comment est venu ton déclic ?
Pendant près de vingt ans, j'ai construit ma carrière dans le conseil en développement commercial B2B (Business to Business). Diplômé d'une école de commerce en 1999, j'ai fondé ma propre structure de conseil et accompagné des entreprises dans leur croissance, leur stratégie commerciale, leurs partenariats internationaux. Le déclic est venu progressivement, lorsque je me suis engagé bénévolement à la Convention des Entreprises pour le Climat. En tant que régisseur technique sur plusieurs parcours thématiques (le monde du conseil, la finance, l'océan, l'agri-agro) j'ai côtoyé des centaines de dirigeants confrontés à la réalité du dérèglement climatique et des limites planétaires. Ce que j'ai vécu là-bas a profondément changé ma vision du monde. Je ne pouvais plus me contenter d'accompagner des entreprises sur leur (hyper) croissance sans me poser la question du sens et de l'impact. En parallèle, j'ai rejoint d'autres mouvements : le mentorat de jeunes entrepreneurs avec une association d'insertion, puis l'Assemblée des Jeunesses initiée par Ashoka France, où j'ai contribué à faciliter des échanges citoyens autour du bien-être des jeunes, de leur insertion professionnelle et de la protection de la planète. Chaque engagement renforçait ma conviction : il fallait que ma vie professionnelle soit pleinement alignée avec ces enjeux.
Comment es-tu passé·e à l'action ?
J'ai d'abord orienté mon activité de conseil vers les greentechs (énergie solaire, énergies renouvelables, économie circulaire, reporting ESG) pour tenter d'aligner mon métier existant avec mes convictions. J'ai ainsi compris que je voulais aller plus loin et finalement découvrir un nouveau métier. Au moment où j'écris ce témoignage, au printemps 2026, j'ai franchi le pas. J'ai identifié la distribution alimentaire bio et coopérative comme un terrain d'action concret : promotion de l'agriculture biologique, locale et paysanne, modèle coopératif, ancrage territorial, lien direct avec les consommateurs. J'ai commencé par une immersion de plusieurs jours dans un magasin bio, en touchant à tous les postes : de la mise en rayon à la caisse, du conseil client à la réception des livraisons. Chaque journée se terminait par ce mélange d'inspiration, d'énergie et de bonne fatigue qui m'a confirmé que j'étais sur la bonne voie. J'ai ensuite candidaté pour un poste de responsable de magasin en région parisienne pour ensuite m'installer en Bretagne, à Rennes, pour continuer ce nouveau chapitre et cette polyactivité.
...et aujourd'hui, où en es-tu ?
Au moment où j'écris ce témoignage en mars 2026, je suis co-animateur d'un magasin bio coopératif. J'accompagne une équipe d'une quinzaine de personnes avec des ambitions d'amélioration continue et d'excellence opérationnelle. En parallèle, je conserve quelques missions auprès de greentechs sur un modèle non extractif (c’est-à-dire que je ne suis payé que s'il y a des résultats, sous forme de partage de revenu). Je me sens profondément aligné avec mes valeurs. L'ancrage local, le contact quotidien avec une équipe, avec des producteurs, avec des clients engagés. Tout cela donne un sens concret à mon travail que je n'avais jamais ressenti aussi fortement dans mes précédents jobs. Mes prochaines étapes : approfondir ma connaissance du métier, renforcer les liens avec les producteurs locaux, et contribuer au projet coopératif sur le long terme, y compris les ambitions autour du régénératif.
Obstacles rencontrés et leçons tirées
Le principal obstacle est d’accepter de redevenir débutant à cinquante ans. Après deux décennies à animer des équipes et conseiller des dirigeants, il faut une bonne dose d'humilité pour apprendre un nouveau métier depuis le terrain. Il faut aussi accepter une baisse significative de revenus, au moins dans un premier temps. J'ai appris qu'il était essentiel de construire des relations solides avec les équipes en place avant de vouloir changer quoi que ce soit. L'écoute et la confiance se gagnent, elles ne se décrètent pas, peu importe d'où l'on vient. Autre leçon : ne pas sous-estimer la logistique de la transition. Transférer ses missions, réorganiser ses engagements, déménager,... Tout cela prend du temps et de l'énergie. Mieux vaut anticiper et s'entourer.
Quels conseils aurais-tu pour celles et ceux qui souhaiteraient se lancer dans le même parcours ?
D'abord, testez avant de sauter. Une immersion de quelques jours, même informelle, vaut mieux que des mois de réflexion abstraite. Le corps et les émotions parlent : si vous terminez chaque journée énergisé et heureux-se, c'est un signal fort. Ensuite, engagez-vous bénévolement dans des mouvements liés à la transition, comme la CEC, les Shifters, ou d'autres collectifs. Ces espaces accélèrent la prise de conscience et ouvrent des portes insoupçonnées. N'attendez pas d'avoir tout planifié. À 80% de certitude, lancez-vous. Les 20% restants se construisent en chemin. Enfin, entourez-vous. La reconversion n'est pas un chemin solitaire. Parlez-en autour de vous, trouvez des pairs qui ont fait le saut, appuyez-vous sur votre réseau. Ce qui rend le parcours beau, ce n'est pas d'avoir toutes les réponses, c'est d'avancer malgré les doutes.
