L’approvisionnement d’énergie primaire en France est assuré à 54% par des ressources fossiles

Le secteur de l’énergie concerne l’extraction des ressources, la production, la transformation, le stockage, le transport et la distribution d’électricité, de chaleur, de froid et de carburant (liquide ou gazeux). 

Les entreprises concernées par ce secteur sont :

  • Les fabricants de matériels nécessaires à la transformation de l’énergie ;
  • Les intégrateurs de centrales d’énergie (développeurs de projets, constructeurs, installateurs) ;
  • Les producteurs d’énergie ou exploitants de ces centrales ;
  • Les transporteurs et distributeurs d’énergie au travers les différents réseaux (électriques, gaziers, pétroliers, chaleur, froid, vapeur, ainsi que les infrastructures de distribution) ;
  • Les services supports (fournisseurs de matières premières, entreprises de construction, maintenance, conseil, ingénierie, gestion des déchets, etc).

En 2016, les industries de l’énergie en France représentent près de 30 000 entreprises qui emploient environ 180 000 personnes, soit 0,7 % de l’emploi intérieur total (source : INSEE).

La grande majorité de ces emplois concerne la production et la distribution d’électricité, de gaz, de vapeur et d’air conditionné. L'extraction d’hydrocarbures occupe moins de 1000 personnes sur le territoire français, la cokéfaction (un peu) et le raffinage (surtout) environ 9 000. La Programmation Pluridisciplinaire de l’Énergie (PPE) « prévoit » que plusieurs centaines de milliers d’emplois seront créés dans le secteur de l’énergie à horizon 2030. Dans son Plan de Transformation de l’Économie Française (PTEF), le Shift Project est plus prudent sur cette évaluation en précisant que l’évolution du volume et de la qualité de l’emploi dans le secteur de l’énergie dépend du mix électrique privilégié. Les métiers support qui permettent de construire et de maintenir les installations du secteur énergétique ne sont pas mentionnés ici. Ils représentent toutefois un nombre de travailleurs supérieur d’un ordre de grandeur à ceux employés par l’exploitation.

L’approvisionnement d’énergie primaire en France est majoritairement assuré par les ressources fossiles pour 54 % (36 % pétrole, 15 % gaz naturel et 3 % charbon), puis vient le nucléaire pour 36 %, et enfin le renouvelable pour les 10% restants. (source : International Energy Agency, 2018). La production d’électricité en France en 2019 a été assurée à 70,6 % par le nucléaire, 11,2 % par l’hydraulique, 6,3 % par l’éolien, 2,2 % par le solaire, 1,8 % par les bioénergies et 7,9 % par les centrales thermiques à combustible fossile (gaz, fioul et charbon) (source : RTE, 2019). Certains secteurs économiques dépendent à plus forte proportion des énergies fossiles, et notamment les transports (alimentés à plus de 90 % par des énergies fossiles), l'agriculture (environ 70 %), et l'industrie lourde (acier, ciment, verre, papier). Dans l’industrie, une part importante de l’énergie consommée l’est sous forme thermique (source : PTEF).

La combustion des énergies fossiles représente le premier facteur d’émission de gaz à effet de serre (GES) en France.

Le rejet de gaz à effet de serre dans l’atmosphère dû à l’utilisation d’énergie compte pour 70 % des émissions nationales en France. Plus spécifiquement, pour son propre fonctionnement, l’industrie de l’énergie, qui regroupe la production d’électricité, les réseaux de chaleur, le raffinage et la transformation des combustibles minéraux solides, émet annuellement 39 MtCO2, soit 9 % des émissions totales de gaz à effet de serre (source : Service des Données et Etudes Statistiques, 2017, traitement The Shift Project et Shift Your Job).

Malgré une valeur ajoutée sur le sol français de seulement 2 % du PIB (24 Mrd EUR en 2016), ou plus du double en comptant les importations (30 Mrd EUR en 2016, seuil le plus bas depuis 2002, avec un pic à 70 Mrd EUR en 2012), le secteur de l'énergie a un rôle central dans l’économie dans la mesure où il alimente l’ensemble des autres secteurs (transport, agriculture, industrie, tertiaire, logement, etc.). Il permet notamment d’assurer les besoins de chauffage ainsi que l’éclairage des bâtiments, le fonctionnement des actionneurs de l’industrie (moteurs) et permet le fonctionnement de nombreux autres réseaux : eau, gaz, communications, etc.. Si l’approvisionnement en énergie est défaillant, la chaîne de valeur de tous les autres secteurs est impactée.

Les carburants fossiles (gaz, pétrole, charbon) et fissiles (nucléaire) utilisés en France proviennent quasi-exclusivement d’autres pays. Cela se traduit par une dépendance énergétique de la France qui rend son économie peu résiliente. Il en va de même pour les dispositifs de collecte du vent et du soleil, eux aussi importés en quasi-totalité, de telle sorte que la notion d’indépendance énergétique reste un sujet de débat quelle que soit la forme d’énergie. La réduction de la consommation d'énergies fossiles et sa substitution par des énergies bas carbone a alors pour double objectif la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et l’indépendance énergétique du pays. En ce qui concerne son approvisionnement en pétrole à l’avenir, l’Union Européenne court en effet, selon l’étude menée début 2020 par le Shift Project sur la base de données provenant de Rystad Energy, un risque important de contraintes hors toute considération climatique..

Neutralité carbone

Pour atteindre la neutralité carbone, les objectifs de la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) vis-à-vis de la production et de la consommation d’énergie sont les suivants :

  • Réduire fortement les consommations d’énergie dans tous les secteurs (réduction de plus de 40 % par rapport à 2015), en renforçant substantiellement l'efficacité énergétique et en développant la sobriété.
  • Décarboner totalement la « production » d’énergie à l’horizon 2050, et donc se reposer uniquement sur les sources d'énergie décarbonées : les énergies renouvelables (par ordre d’importance actuelle : biomasse, hydraulique, géothermie, éolien, solaire) et le nucléaire. Ces modes ont chacun leurs avantages et inconvénients respectifs sur des enjeux hors climat : raccordement au réseau, caractère pilotable, indépendance énergétique, production de déchets radioactifs, coût au MWH - comme détaillé dans nos paragraphes Nucléaire et Energies renouvelables.  

Leviers pour le secteur de l’énergie

Les leviers que nous avons identifiés pour le secteur de l’énergie et qui ont orienté la sélection des entreprises sont :

  • l’efficacité énergétique des processus et machines consommant de l’énergie, ainsi que la récupération de chaleur fatale (exemple : chaleur produite par l’incinération de déchets, ou celle des centrales électriques) ;
  • le maintien du nucléaire, qui correspond à une électricité peu carbonée et pilotable, ce dernier point étant essentiel dans un réseau électrique ;
  • la décarbonation de l’énergie fossile, avec le développement des énergies renouvelables (avant tout thermiques) et de leur stockage (thermique ou électrique) ;
  • le stockage de CO2.

Les entreprises et organisations ont été sélectionnées sur la base de leur typologie sectorielle, qui devait pouvoir correspondre aux 4 sous-secteurs ci dessous :

  • Efficacité énergétique dont récupération de chaleur fatale
  • Nucléaire
  • Energie renouvelable thermique et électrique
  • Réseaux et stockage d’énergie

Sont exclues de la base de données les entreprises et organisations ayant une activité s’appuyant essentiellement sur une énergie fossile. En revanche, il a été décidé de répertorier les filiales de groupes si leur activité est entièrement dédiée à l’un des sous-secteurs, quand bien même la société mère ne le serait pas.

Dans l’esprit collaboratif qui a été au cœur de ce projet, vous pouvez suggérer des ajouts ou des modifications. Ces suggestions seront soumises au même processus de validation qu’à la création de la base de données.Suggérer une modification
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